Face à une explosion du nombre de tests de vitamine D réalisés, l'Académie nationale de médecine juge nécessaire de revoir le remboursement des dosages de routine. Entre 2005 et 2012, le nombre de tests prescrits a fortement augmenté, passant à 10 millions pour un coût total dépassant les 144 millions d'euros.
Un besoin croissant pour évaluer les carences
Avec des facteurs tels que le manque d'exposition au soleil, une alimentation déséquilibrée et une prévalence croissante de l'obésité, la carence en vitamine D touche un nombre grandissant de personnes. Avant de prescrire des suppléments, les médecins recommandent souvent un examen sanguin appelé dosage de la 25 OH-D sérique. Toutefois, l'Académie de médecine a récemment émis des réserves.
Un examen jugé superflu pour les sujets en bonne santé
Selon les experts, le test de vitamine D n'est pas nécessaire chez les individus en bonne santé et vivant une vie normale. En conséquence, l'Académie propose que le dosage ne soit plus remboursé lorsqu'il est effectué en dehors du cadre de la recherche de réelles carences.
Des autorités sanitaires insistent sur le fait qu'il n'est pas indispensable de procéder à un examen préalable pour recommander un apport en vitamine D, le risque d'effets secondaires aux doses recommandées (jusqu'à 4 000 UI/jour) étant considéré comme négligeable.
Exceptions préconisées par l'Académie
Cependant, l'Académie reconnaît que le dosage reste pertinent dans certaines situations spécifiques, telles que :
- Le rachitisme
- La décalcification osseuse (ostéomalacie)
- L'ostéoporose
- Les chutes répétées chez les personnes âgées
Le remboursement pourrait également être maintenu dans le cadre de suivis post-chirurgicaux (comme une transplantation rénale ou une chirurgie bariatrique) ou lorsque l'évaluation du métabolisme phosphocalcique est nécessaire. Les médecins soulignent que cet examen reste crucial pour des patients présentant des symptômes suggestifs d'une surcharge en vitamine D, comme des coliques néphrétiques récurrentes.







