La coriandre, plante aromatique par excellence, fait souvent débat. Si certains l’adorent, d'autres l’évitent avec ferveur. Pourquoi cette herbe suscite-t-elle autant de passion et de rejet ?
De l’Inde à la Mexique, la coriandre accompagne une multitude de plats, des currys aux tacos. Pourtant, elle reste celle qui divise les palais. Avec plus de 20% des Européens et près de 21% des habitants d'Asie du Nord la fuyant, la coriandre est une source de clivage culinaire.
Une odeur qui divise les opinions
Pour beaucoup, son odeur est repoussante : savon, saleté, voire moisissure, sont autant de descriptions qui illustrent le rejet de la coriandre. De nombreux clients scrutent leurs assiettes pour la retirer, pièce par pièce. Selon une étude de 2012, les aversions varient fortement selon les régions. Au contraire, les habitants du sud de l’Asie semblent l’adopter sans réserve, avec 93% d’entre eux la savourant.
Pourquoi cette aversion ?
Deux théories émergent pour expliquer ce phénomène.
Théorie 1 : l'odeur de savon
Le neuroscientifique Jay Gottfried de l’Université Northwestern a émis l’hypothèse que l’aversion pour la coriandre proviendrait principalement de son parfum, souvent comparé à celui du savon. Selon lui, notre cerveau classe les odeurs par association, et celle-ci, étant liée à un produit ménager, est instinctivement rejetée comme immangeable.
Théorie 2 : l'héritage génétique
Pour d'autres chercheurs, cette question de goût serait davantage en lien avec notre ADN. Les personnes répulsées par la coriandre partagent un gène, le OR6A2, qui les rend hypersensibles aux odeurs d’aldéhyde, un composé chimique présent dans la coriandre et le savon. C'est cette sensibilité qui fausse leur appréciation gustative.
Intolérance ou simple aversion ?
La question se pose : peut-on être intolérant à la coriandre ? Bien que de nombreuses personnes affichent un fort dégoût pour cette herbe, cela ne se traduit pas par une intolérance. Le Dr Philippe Pouillart, expert en immuno-pharmacologie à l'Institut polytechnique UniLaSalle, précise qu’« on ne peut pas être intolérant à la coriandre, car cette réaction n’est pas immunitaire ; il s'agit simplement d'un goût personnel ». C'est un enjeu culturel et biologique qui pourrait expliquer cette dichotomie autour de la coriandre.







