De récentes recherches menées aux États-Unis révèlent que consommer davantage de fruits et légumes pourrait prévenir des millions de décès chaque année, principalement dus à des maladies cardiovasculaires.
En janvier dernier, Santé publique France a mis à jour ses recommandations alimentaires. Le célèbre principe du "cinq fruits et légumes par jour" est aujourd'hui dépassé, mais l'agence insiste toujours sur l'importance d'accroître la proportion de ces aliments dans notre alimentation. Ils jouent en effet un rôle essentiel dans notre apport en vitamines, minéraux et fibres. En 2016, 54 % des Français admettaient consommer moins de 3,5 portions de ces aliments par jour.
Une consommation sous-optimale
Pour établir ces résultats, une équipe de chercheurs de la Friedman School of Science and Policy Nutrition de l'Université de Tufts (États-Unis) a analysé les données de 266 enquêtes datant de 2010, impliquant 1 630 069 personnes issues de 113 pays, soit 82 % de la population mondiale. La consommation optimale de fruits a été évaluée à 300 grammes par jour, ce qui équivaut à environ deux petites pommes, tandis que les légumes, incluant les légumineuses, devraient être consommés à hauteur de 400 grammes par jour (soit environ trois tasses de carottes crues).
Les chercheurs ont mis en corrélation les apports nationaux en fruits et légumes avec les données sur les causes de mortalité de chaque pays. Ils ont découvert qu'en 2010, un faible apport en fruits était lié à près de 1,3 million de décès par AVC et plus de 520 000 décès dus à des maladies coronariennes. De plus, une faible consommation de légumes était associée à 200 000 décès par AVC et plus de 800 000 décès liés à des maladies cardiaques.
Prioriser l'accès aux aliments protecteurs
Les régions les plus touchées par ces carences se trouvent en Asie, en Afrique subsaharienne et en Océanie, où la consommation de fruits est particulièrement basse et les taux de mortalité liés aux AVC sont élevés. Les jeunes adultes ainsi que les hommes semblent être les plus affectés par ces maladies, tandis que les femmes tendent à consommer davantage de fruits et légumes, selon les études.
Victoria Miller, l'auteure principale de l'étude, souligne que ces composants alimentaires modifiables peuvent jouer un rôle significatif dans la réduction des décès évitables dans le monde. Elle déclare : "Les priorités mondiales en matière de nutrition ont longtemps été centrées sur l'apport calorique, les suppléments de vitamines, et la réduction des additifs comme le sel et le sucre. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de se concentrer sur l'augmentation de la disponibilité et de la consommation de ces aliments protecteurs", ajoutent les chercheurs dans leur rapport.







