Ce dimanche sur France 5 sera diffusé le documentaire Fromages AOP : le terroir caisse ?. Un reportage de 50 minutes qui soulève une épineuse question : pourrons-nous toujours faire confiance à ce prestigieux label, sur lequel les industriels font main basse ?
France 5 tire la sonnette d'alarme. Dans son documentaire, Fromages AOP : le terroir caisse ?, la chaîne dénonce la manière dont les grands groupes industriels exploitent le label AOP, traditionnellement associé aux petits producteurs. La question se pose alors : ce label est-il en danger de perdre sa qualité originale ? Réponses avec Rémi Delescluse, réalisateur, et Véronique Richez-Lerouge, auteure et présidente de l'association Fromages de terroirs.
AOP : un label sous protection
L'Appellation d'origine protégée (AOP) est un label officiel garantissant aux consommateurs que les produits respectent des procédés de fabrication traditionnels, réalisés dans une zone géographique définie. En France, 50 produits laitiers, principalement des fromages, sont couverts par ce label. Jean-Luc Dairien, ancien directeur de l'Inao, souligne que ce label assure la traçabilité du lait et la qualité artisanale des fromages. Cependant, un appel à la vigilance est plus que nécessaire.
Les industriels en première ligne
Le documentaire met en lumière une réalité inquiétante : 70 % des fromages AOP sont désormais contrôlés par de grands groupes agroalimentaires. La menace se dessine lorsque ces entreprises cherchent à adopter des méthodes de production à bas coûts, nuisant ainsi au goût et aux savoir-faire traditionnels. Un exemple marquant est celui du camembert de Normandie, où Lactalis détient la majorité des AOP. L'entreprise plaide pour que le camembert pasteurisé soit reconnu comme AOP, une mesure jugée alarmante par de nombreux artisans.
Le cahier des charges AOP est le seul rempart contre la standardisation.
Quel avenir pour les fromages de qualité ?
Si ces modifications deviennent effectives, les conséquences pourraient être significatives. Selon Véronique Richez-Lerouge, cela pourrait aboutir à une guerre des étiquettes, laissant les consommateurs dans l'incertitude. Le camembert AOP au lait cru pourrait devenir une rareté, réservée à une élite, sur le marché, tandis que les versions standardisées rempliraient les rayons des supermarchés.
Loin de se laisser faire, de nombreux acteurs, dont des fermiers et de célèbres chefs, défendent l'intégrité du label. La mobilisation actuelle garde le cahier des charges de l'AOP intact, mais l'avenir reste incertain. Une chose est claire : si les exigences diminuent, la qualité des produits s'effondrera également.
(1) Fromages AOP : le terroir caisse ?, par Rémi Delescluse, sur France 5, le dimanche 14 octobre.
(2) Main basse sur les fromages AOP, par Véronique Richez-Lerouge, 20 €.







