La psychothérapeute Isabelle Filliozat nous explique pourquoi l’acte de cuisiner – ou pas – en dit long sur notre inconscient.
Et si cuisiner était une aventure intérieure permettant de se recentrer ? C'est ce que met en lumière Isabelle Filliozat dans son ouvrage Bien dans sa cuisine. À l'heure où les plats industriels envahissent nos cuisines, elle rappelle l'importance de préparer nos propres repas. Voici un aperçu de son propos.
Lefigaro.fr/madame - Une psychologue évoquant sa passion pour la cuisine, c'est surprenant, n'est-ce pas ? Pourquoi avoir écrit un livre à ce sujet ?
Isabelle Filliozat. Effectivement, la cuisine est, avec mon bureau, l'endroit où je passe le plus de temps. J'ai voulu partager cet espace avec mes lecteurs. Le plaisir ou le dégoût que l'on ressent en cuisinant en dit long sur notre rapport à nous-mêmes et aux autres. Prenons par exemple Delphine, une patiente qui exprimait constamment son aversion pour la cuisine. En l'explorant avec elle, nous avons découvert que ce rejet cachait une douleur profonde liée à des souvenirs d'enfance. La cuisine, en tant qu'espace symbolique, est cruciale pour comprendre notre histoire personnelle.
Un lieu de transmission et de créativité
Que symbolise la cuisine dans une maison ?
C'est un espace de transmission familiale. L'enfant y observe ses parents et apprend ainsi les traditions culinaires. Préparer un plat traditionnel, comme un bœuf bourguignon "façon mamie Simone", nous relie à nos racines et à notre culture. En outre, la cuisine est un véritable terrain de créativité où l'on peut réinventer des plats en y ajoutant sa touche personnelle.
La cuisine : un acte conscient et méditatif
Que signifie pour vous "lieu d'ancrage" ?
Durant mes trente ans de pratique, j'ai compris que la clé du bonheur réside dans la pleine conscience de nos actions quotidiennes. Je propose de reformuler Descartes : "Je cuisine donc je suis !" Plus je cuisine en pleine conscience, plus je peux diriger activement ma vie, plutôt que de la laisser m'entraîner.
Comment peut-on intégrer la méditation dans la cuisine ?
Maman de deux enfants, je privilégie la méditation active au lieu de la méditation passive. En prenant conscience des sensations, comme celle de peler une pomme, nous sommes vraiment présents. Ainsi, la cuisine devient une pratique de pleine conscience.
Pour éviter la lassitude en cuisine, quelles sont vos recommandations ?
Vous avez raison : le quotidien peut étouffer le plaisir de cuisiner ! Il est donc crucial de partager cette tâche dans le couple pour qu'elle reste agréable. De temps à autre, se faire plaisir avec des repas tout prêts est également bénéfique. Pour les familles monoparentales, organiser des dîners avec des amis permet de partager la tâche et d'apporter de la convivialité dans le repas.







