Surnommé «le roi des chefs et le chef des rois», Marie-Antoine Carême, dit Antonin, est au cœur d’une série éponyme à découvrir sur Apple TV+ depuis le 30 avril. Mais qui était vraiment le pionnier de la pâtisserie française ? Portrait.
Inscrit dans l’histoire comme le « roi des chefs et le chef des rois », Marie-Antoine Carême n'était pas destiné à devenir une figure emblématique de la gastronomie française. Son histoire, retracée dans la série Carême réalisée par Martin Bourboulon, met en lumière le parcours hors du commun de ce génie culinaire. Évoluant dans un contexte bonapartiste, le jeune Antonin, incarné par Benjamin Voisin, voit sa vie transformée en 8 épisodes captivants. Orphelin, rebelle et talentueux pâtissier, il se retrouve vite mêlé aux intrigues politiques des Tuileries, où la cuisine devient une arme dans un monde en effervescence. Inspirée du roman Cooking for Kings de Ian Kelly, cette série questionne la frontière entre fiction et réalité en dépeignant le véritable homme derrière le chef légendaire.
Une enfance difficile
Tout débute à Paris, en 1789, rue du Bac, dans un contexte précaire. Marie-Antoine Carême, surnommé Antonin, naît dans une famille nombreuse, vivant dans la misère. À seulement 11 ans, son destin prend un tournant lorsque son père, désespéré, l'abandonne à son sort. Au fil de ses Souvenirs Inédits, l’histoire de son enfance dévoile une résilience surprenante. Après quelques jours d'errance, il trouve refuge chez un cabaretier, qui l'engage en tant que marmiton, marquant le début de son ascension vers la gloire.
L'art culinaire comme inspiration
C'est dans un restaurant de la rue de Vivienne qu’Antonin perfectionne son art. Son chef, Sylvain Bailly, reconnaissant son potentiel, lui offre l'accès à la bibliothèque nationale. Là, il découvre l’architecture, une source d’inspiration pour ses créations. Adolescent, il entre aux cuisines de l’hôtel de Galliffet sous Jean Avice, où il se confronte au faste des banquets guidés par Talleyrand. Les nuits de labeur lui enseignent l’exigence et la beauté de la gastronomie, tandis qu’il note méticuleusement ses découvertes.
Le maître des palais européens
Entre 1803 et 1814, Antonin caracole à travers les palais des dignitaires, élaborant des plats inoubliables comme le célèbre croquembouche. Sa minutie et son innovation trouvent écho dans ses publications, dont Le Pâtissier royal parisien, qu'il use pour codifier ses techniques culinaires. Reconnu en Europe, il cuisine pour la cour britannique et l’empereur d’Autriche, mais trouve enfin la sérénité dans la maison du baron de Rothschild, où il est traité avec respect, liant enfin son nom au terme « chef ». Carême décède en 1833, laissant un héritage monumental, ses créations ayant toujours une place dans la cuisine contemporaine.







