Cheffe étoilée, jurée dans l'émission «Top Chef», mère de famille... Hélène Darroze jongle avec brio sur tous ces front. Rencontre avec une femme d'exception de la gastronomie française.
Dans son restaurant Marsan, rue d'Assas à Paris, Hélène Darroze se présente avec sa chemise blanche et son chien, prête à commencer une journée pleine de saveurs. Son équipe compte toujours sur son soutien ; elle s'empresse donc de la saluer avant de se plonger dans l'interview.
Hélène, doublement étoilée pour Marsan et triplement pour Hélène Darroze à The Connaught à Londres, se distingue en tant que l'une des seules femmes chefs multi-étoilées en France. Depuis 2015, elle s’illustre également à la télévision en tant que jurée de l’émission « Top Chef ». Maman de deux petites filles, Charlotte (14 ans) et Quitterie (12 ans), adoptées au Vietnam, son secret réside dans son indépendance.
Une approche sensible de la cuisine
Votre vision de la cuisine semble genrée. Pourquoi cette distinction ?
Hélène Darroze : La cuisine naît de l'émotion et de la sensibilité. Les femmes ont tendance à partager leur intérieur, tandis que certains hommes privilégient la démonstration technique.
Que répondez-vous aux critiques concernant vos idées sur le sexisme dans la cuisine ?
Hélène Darroze : J'entends des critiques, mais je me concentre sur l'expérience des assiettes et l'émotion qu'elles véhiculent, plutôt que sur le potentiel. Mon équipe et moi privilégions des approches moins techniques.
Un modèle inspirant pour de nombreuses femmes
Récemment, vous avez reçu deux nouvelles étoiles Michelin. En tant que figure inspirante, avez-vous conscience de votre impact sur les femmes dans la gastronomie ?
Hélène Darroze : Certaines femmes sont émues en venant dans mon restaurant, et j’en suis consciente. Je m'efforce de travailler par passion, sans chercher à être un modèle, même si mon parcours peut y conduire.
Et que dire de ceux qui aimeraient vous voir plus engagée sur le sexisme dans la gastronomie ?
Hélène Darroze : Je suis ouverte à partager mon expérience, mais je ne me considère pas comme une militante. Je soutiens des initiatives pour la cause des femmes, mais je ne ressens pas le besoin d'être un porte-drapeau.
Entre carrière et maternité
Comment parvenez-vous à équilibrer votre carrière et votre vie de famille ?
Hélène Darroze : Avoir ma maison près de mes lieux de travail m'aide à rentrer rapidement chez moi. J'ai la chance d'être ma propre patronne, ce qui me permet d'organiser mon emploi du temps autour de mes filles.
Et le soutien à la maison ?
Hélène Darroze : J'ai toujours eu des nounous pour m'aider. Quand j’ai ouvert à Londres, j’avais deux petites, mais j’ai réussi à m’entourer de personnes fiables, tant à la maison qu’au travail.







