Les Oméga-3 et Oméga-6, souvent cités dans le domaine de la nutrition, jouent un rôle essentiel pour notre santé. Pourtant, leur fonctionnement et leurs recommandations en matière de consommation restent flous pour beaucoup. Des experts éclairent sur l'importance de ces acides gras.
Autrefois, les graisses étaient mises au banc des accusés, mais des recherches récentes dévoilent leur rôle crucial dans notre organisme : de la peau au cerveau, elles sont fondamentales. Réduire les graisses à l'excès peut conduire à une surconsommation de glucides, un phénomène également préoccupant.
Il est crucial de maintenir un équilibre. Les graisses saturées, bien que présentes dans des aliments comme la viande et les produits laitiers, doivent être consommées avec modération. En revanche, les graisses insaturées, que l'on retrouve dans les huiles végétales ou le poisson, sont considérées comme bénéfiques. En particulier, deux acides gras sont vitaux : les Oméga-6 et les Oméga-3.
Oméga-3 et Oméga-6 : deux alliés complémentaires
« Les Oméga-6 ont été identifiés dans les années 1920, avec des carences entraînant des complications telles que des hémorragies. La découverte des Oméga-3 est plus récente, leur absence affectant le développement cérébral », explique le Pr Philippe Legrand de l'Agrocampus Inserm de Rennes. Ces deux acides gras sont non seulement indispensables, mais aussi complémentaires.
Les Oméga-6, souvent critiqués pour leur propension à stimuler l’inflammation, sont en réalité nécessaires au bon fonctionnement de notre système immunitaire. Philippe Legrand souligne que « l'acide linoléique et son dérivé, l'acide arachidonique, jouent des rôles clés dans l'inflammation et la peau ».
Concernant les Oméga-3, il est important de noter qu'ils se divisent principalement en acide alpha-linoléique et ses formes dérivées, l'EPA et le DHA. Ces derniers offrent de nombreuses propriétés bénéfiques, notamment la réduction de l'inflammation et des risques cardio-vasculaires. Un point crucial : le DHA est fondamental pour la communication entre neurones, essentiel pour les bébés et les personnes âgées.
Éviter les excès d'Oméga-6
Les recommandations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) suggèrent que les Oméga-6 doivent constituer 4 % des apports énergétiques totaux (environ 9 g pour une femme ayant un besoin calorique de 2000 kcal), alors que les Oméga-3 devraient représenter 1 % (environ 2,2 g). Le rapport de 4/1 entre ces deux acides gras est essentiel. Philippe Legrand précise que « un excès d'Oméga-6, omniprésents dans notre alimentation, peut engendrer une carence en Oméga-3 ».
Cette surabondance d'Oméga-6 est un facteur parmi d'autres (stress, aliments transformés) contribuant à l'inflammation de bas grade, qui est à l'origine de nombreuses maladies. De plus, « trop d'Oméga-6 dans les membranes cellulaires altère leur flexibilité, compromettant la communication cellulaire », rappelle Sophie Layé.
Comment les intégrer dans notre assiette ?
Dans les années 2000, les nutritionnistes avaient tiré la sonnette d’alarme concernant le déséquilibre Oméga-6/Oméga-3, dépassant 20/1. Aujourd’hui, bien que la situation se soit légèrement améliorée (environ 10/1), les études révèlent que les Français peinent à satisfaire leurs besoins en Oméga-3.
- Choisir des huiles telles que celle de colza ou de noix pour assaisonner vos plats.
- Consommer du poisson gras (sardines, saumon) au moins deux fois par semaine. Préférez des conserves à l'huile d'olive plutôt qu'à celle de tournesol.
- Opter pour des produits d'animaux alimentés avec des Oméga-3 (lin, luzerne) : jambon, œufs, beurre, en privilégiant les labels comme « Bleu Blanc Cœur ».







