Les produits issus de l'agriculture biologique, souvent jugés trop chers, peuvent freiner de nombreux consommateurs. Cependant, certains fruits et légumes conventionnels présentent un risque limité, à condition de bien les choisir.
Depuis 2001, les autorités sanitaires recommandent de consommer au moins cinq fruits et légumes par jour. Cette incitation a porté ses fruits, comme en témoigne une augmentation de 5% de la consommation ces douze derniers mois, d'après le groupe interprofessionnel Interfel. Si l’engouement pour le bio est visible, son coût reste un obstacle pour près de 80% des consommateurs, selon l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV). Pourtant, plusieurs produits d’agriculture conventionnelle peuvent être appréciés sans danger s’ils sont bien sélectionnés.
Les légumes, moins contaminés que les fruits
Beaucoup de consommateurs choisissent le bio pour éviter les pesticides. Néanmoins, il est essentiel de rappeler que l’agriculture biologique utilise également des pesticides, bien que leur présence soit généralement moindre. Un rapport de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2018 indique que 50% des fruits et légumes conventionnels ne contiennent aucune trace de pesticides, et seuls 4,8% dépassent la limite réglementaire.
Les pesticides dans l'agriculture bio
Les pesticides utilisés en agriculture bio ne doivent pas être synthétiques. Cependant, certains résidus demeurent, comme le cuivre, qui bien que non cancérigène, s’accumule dans les sols, suscitant des préoccupations sur la santé et l'environnement, selon les observateurs.
Comment faire le meilleur choix ? Les légumes sont généralement moins contaminés que les fruits, signale Philippe Pouillart, enseignant-chercheur à l’Institut polytechnique UniLaSalle. Par exemple, l’asperge, cultivée sous terre, et la patate douce, qui résiste mieux aux parasites, ont un faible risque de contamination, respectivement de 3,9% et moins.
Barrières naturelles aux pesticides
L’épaisseur de la peau des légumes joue un rôle protecteur. Des légumes comme le chou, les petits pois, et les oignons, avec leurs couches robustes, limitent l'exposition. Au rayon des fruits, ceux avec des peaux plus lourdes comme l’avocat et l’ananas montrent également moins de risques. En revanche, les légumes à peau fine comme les herbes aromatiques et le céleri, ainsi que certains fruits comme le raisin, présentent des taux de contamination plus élevés.
Des pistes pour s'y retrouver
Pour minimiser les risques et diversifier l'alimentation, Catherine Renard de l’Inrae conseille de privilégier les fruits et légumes de saison et, si possible, de proximité. Cela leur permet de mûrir naturellement sans traitements trop agressifs. L’étude de Carine Le Bourvellec, chercheuse à l’Inrae, confirme que le mode de culture n’influence pas forcément la valeur nutritive, mais que la variété et l'année de culture sont plus déterminantes.
Un fruit ou un légume bio a le même profil nutritionnel qu'un même produit conventionnel.
Carine Le Bourvellec, chargée de recherche à l'Inrae.







